Le cas de Jules Guesde

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Alors que l’héritage de Jules Guesde semble totalement disparu aujourd’hui, près de cent ans après sa mort, Jean-Numa Ducange se refuse à simplement tourner la page et à refermer le dossier pour le classer définitivement. Car dans la disparition de Jules Guesde de la mémoire socialiste, il y a plus qu’un phénomène « naturel » : si Jules Guesde n’apparaît plus dans les discours et les écrits, s’il n’est plus présenté comme une source d’inspiration, c’est que la figure du dirigeant socialiste pose problème… Par Baptiste Eychart. Lire la suite

Orwell politique


Orwell politique

Après les chroniques de George Orwell, les éditions Agone nous offrent une sélection de textes politiques de l’écrivain britannique, écrits entre 1928 et 1949, tous inédits en français. Les essais sont regroupés en six chapitres thématiques, qui respectent la chronologie. La pensée politique de l’auteur se dévoile, s’affine au fil des années et de l’actualité politique. On voit ainsi « Orwell avant Orwell », dans des textes écrits sous vrai nom, Eric Blair, traiter de la censure ou de la situation coloniale en Birmanie. Les raisons de sa rupture avec les communistes sont exposées dans le chapitre consacré à la Guerre d’Espagne, qui fut un tournant majeur dans la pensée de l’auteur, au même titre que la Seconde Guerre mondiale, qui lui permet d’aborder les thèmes qu’il exploitera dans ses dernières oeuvres. Un texte central, « La liberté périra-t-elle avec le capitalisme ? », écrit en réponse à un lecteur, résume en quelques pages l’essentiel de la pensée politique d’Orwell : la nécessité historique du progrès vers une économie collectiviste ; l’insuffisance d’admettre la propriété centralisée des moyens de production comme seul but sans l’assortir d’un véritable système démocratique qui ne soit ni la ploutocratie de la démocratie bourgeoise ni l’oligarchie totalitaire ; la critique des anti-fascistes qui refusent de prendre en compte le rôle de l’idéologie dans le mode d’apparition du nazisme… Le recueil se termine par la mise au point publiée par Orwell peu avant sa mort : « Mon récent roman, 1984, n’a pas été conçu comme une attaque contre le socialisme ou contre le parti travailliste mais comme une dénonciation des perversions auxquelles une économie centralisée peut être sujette. (…) Je crois également que les idées totalitaires ont partout pris racine dans les esprits des intellectuels, et j’ai essayé de pousser ces idées jusqu’à leurs conséquences logiques. »

Sébastien Banse

George Orwell, Ecrits politiques
Editions Agone, 2009, 25 euros, 401 pages