Sarah Rey, l’ambivalence des larmes

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Avec Les Larmes de Rome, Le pouvoir de pleurer sous l’antiquité, paru aux excellentes éditions Anamosa, Sarah Rey, maître de conférences en histoire romaine à l’université de Valenciennes, fait paraître un des essais les plus stimulants de la rentrée et creuse le sillon de l’histoire des sensibilités. Tout en renversant l’image du Romain impassible et d’une Rome au cœur aride, elle démontre avec force et concision le pouvoir politique et symbolique des larmes… Par Nicolas Dutent. Lire la suite

Saint-Denis : portrait d’une ville


Saint-Denis : portrait d’une ville

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Stendhal, grand voyageur, confiait dans Rome, Naples, Florence : « Ce que j’aime à voir dans une ville, ce sont ses habitants ». Cette phrase pourrait figurer en exergue du livre de Benoît Lagarrigue, Portraits de Saint-Denis, qui paraît début septembre aux éditions de l’Atelier (qui ont notamment publié Gérard Mordillat ou Frédérique Jacquet). L’auteur, journaliste au Journal de Saint-Denis depuis 1998, s’est attaché à établir une promenade dans la cité dionysienne à partir de quarante portraits de ceux qui la font vivre au quotidien : archéologue, artisan, gardien d’immeuble, sociologue, avocate, sans-papier, militant associatif, musicien, peintre, restaurateur, libraire, garagiste, slammeur, danseuse, sportif, comédien, enseignant…

Portraits de Saint-Denis, B.Lagarrigue

L’idée d’un recueil, à partir des 160 portraits parus dans le JSD depuis 2008, est née de la rencontre avec Bernard Stéphan, directeur des éditions de l’Atelier. C’est ainsi qu’est née l’idée d’une déambulation à travers la cité, à partir d’une sélection de portraits déjà écrits, et qui ont été pour certains légèrement retravaillés et actualisés. Pour l’auteur, « c’est un livre qui n’a aucune valeur sociologique. Je l’ai vraiment conçu comme une promenade aléatoire à travers la ville. Généralement, quand on visite une ville, on se balade d’un monument à un autre, d’un lieu à une autre, ici c’est d’une personne à une autre ».
Déambulation composée de parcours de vie – évidemment singuliers et souvent étonnants -, née d’un attachement durable et profond au personnage principal de l’ouvrage, véritable fil conducteur : Saint-Denis elle-même, ville multiple, sans cesse renouvelée, ancrée dans l’histoire et en perpétuelle évolution.
« Ce qu’il y a de tout à fait étonnant, c’est que la plupart de ces gens-là viennent d’ailleurs et construisent une vie ici. C’est très révélateur de la ville. Pour moi, Saint-Denis, c’est comme un port (il manque la mer et aussi le soleil…) : on y vient de tous les endroits du monde. Il y a un côté ville du sud, qui fait penser à Marseille, Athènes, Naples, des villes grouillantes, des villes de métissage, ce qui est pour moi évidemment une qualité : le métissage, c’est l’avenir de l’humanité ». Puisqu’il s’agit de portraits, il est aussi question d’image : ce sont les clichés de Gérard Monico et Yann Mambert (tous deux photographes pour le JSD) qui accompagnent la lecture de ce livre en forme d’hommage à une ville dont on peut dire qu’elle ne ressemble à aucune autre.

Sébastien Banse

Benoît Lagarrigue, Portraits de Saint-Denis, éditions de l’Atelier, 128 pages, 22 euros. Photographies de Gérard Monico et Yann Mambert.

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