Benoît Galibert : Au lieu d’écrire

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Benoît Galibert a choisi de développer son travail photographique, mais en prenant le contre-pied de l’imagerie médiatique dominante. « Au lieu d’écrire » est une suite de 34 photographies reposant sur l’absence de la figure de l’écrivain : le lieu où ils écrivent sans présence humaine, comme un décor vivant… Par Sidonie Han. Lire la suite

Delorieux : la grâce plus belle que la beauté

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C’est en tant qu’écrivain mais aussi en tant que photographe que Franck Delorieux s’exprime dans le « Rameau vert ». Cette œuvre d’un élégant format (31 X 23 cm) réunit en effet une cinquantaine de photographies introduites par un très beau texte, aussi érudit que sensible… Par Marc Sagaert. Lire la suite

Arnaud Claass : Des yeux sur mes yeux

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Arnaud Claass a abandonné le piano pour se consacrer à la photographie. Il a d’abord photographié les grandes villes d’Amérique du Nord puis celles de l’Europe, pour ensuite aborder les paysages, les arbres, les prés, l’eau. Il écrit beaucoup, aussi, parce que, après tout, la photographie – comme la peinture – est un art « théorique », qui abstrait, schématise, construit la visibilité, dit-il dans le livre qu’il publie aux éditions Filigranes… Par Didier Pinaud. Lire la suite

Moholy-Nagy, un génie du Bauhaus

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Le musée des Arts décoratifs a consacré voici quelques mois une importante exposition au Bauhaus, cette école créée en 1919 à Weimar sous la direction de Walter Gropius. Une section de cette rétrospective est consacrée à la photographie, avec notamment des œuvres de László Moholy-Nagy, dont la réflexion théorique et l’ activité artistique ont marqué un tournant important dans l’enseignement au Bauhaus… Par Franck Delorieux. Lire la suite

Gustave Le Gray, la passion de l’art

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Nadar, dans « Quand j’étais photographe, paru en 1900, salue l’apport de Gustave Le Gray à la photographie par ces mots : « Et il n’était que temps que l’art vînt s’en mêler ». Son ami Alexandre Dumas n’était pas en reste puisqu’il disait de lui : « J’ai compris que le photographe comme Le Gray est à la fois un artiste et un savant. » Il fut donc reconnu de son vivant à la fois comme un expérimentateur et un grand artiste. Il en allait ainsi selon son souhait, exprimé en 1852 : « J’émets le vœu que la photographie, au lieu de tomber dans le domaine de l’industrie, du commerce, entre dans celui de l’art »… Par Franck Delorieux. Lire la suite

Paradoxe de José Maria Sert

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Le musée du Petit Palais, à Paris, propose une rétros- pective de l’œuvre de José Maria Sert. Œuvre ? La question se pose. Nous hésiterons beaucoup à qualifier Sert de peintre. Nous lui accorderons tout au plus qu’il fut un décorateur. Malgré un sens assez fou de la démesure ou peut-être à cause de cela, son pinceau est lourd et rétrograde. Inutile de le comparer aux artistes de son temps, il ne tient pas une seule seconde… Chronique photographique de Franck Delorieux Lire la suite

Rencontre avec Colette Raynaud


Rencontre avec Colette Raynaud

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Colette Raynaud n’est pas une photographe : elle s’en défend et ajoute que la photographie ne l’intéresse pas, qu’elle en est très éloignée. Colette Raynaud est une artiste qui a pratiqué le dessin, la sculpture et qui utilise aujourd’hui, pour des raisons de circonstance, la chambre noire. Ces deux phrases d’introduction suffiront peut-être à faire deviner que l’on ne doit pas s’attendre à cet exercice de reproduction documentaire du réel à quoi l’on cantonne souvent, trop souvent, la photographie et qui la rend souvent, trop souvent, sans valeur esthétique. Des photographies en couleurs de New York par Brassaï, récemment retrouvées, ont provoqué beaucoup de bruit alors qu’il ne s’agissait que de banales photos de vacances, toutes plus plates les unes que les autres, des photos comme celles qui s’entassent par millions dans les boîtes à chaussures de tout un chacun. Mais la signature… Si j’évoque ces clichés dont je ne vois absolument pas ce qui permet de les qualifier d’œuvres d’art, c’est pour rappeler que chaque photographie – contrairement à une peinture ou une sculpture – se doit de prouver en elle- même, intrinsèquement, qu’elle est une œuvre d’art. Les photographies de Colette Raynaud le crient.

Sculpture, dessin ou photographie, quelle que soit la technique, Colette Raynaud dévoile un univers qui lui est propre, où le réel est inventé, où le végétal, l’animal et la chimère se fondent, où la métamorphose se déroule sous nos yeux, constamment, tant ce qui est vu n’est jamais ce qui est représenté. « Je suis une idée et je la développe comme je peux. Le médium n’est pas prioritaire. » Cependant, les diverses techniques utilisées se répondent. « Tout est assez proche. En sculpture, je suis partie du moulage avec un positif et un négatif. Quand je faisais du dessin, je recouvrais entièrement la feuille, de grand format, avec diverses couleurs puis j’incisais le papier avec des pointes sèches comme pour une gravure et enfin je retirais entièrement les couleurs à l’aide d’une pierre ponce qui donnait un effet brillant évoquant la fresque. En photographie, toutes les images sont en négatif, puisque je n’utilise pas d’appareil photographique. Tous les travaux que j’ai faits jusqu’ici sont des projections directes sur une surface sensible, en l’occurrence du papier. »

Sur les feuilles, on voit, en noir et blanc, des jeux d’ombres et de lumières qui dessinent des formes. On peut jouer – « serioludere », disaient les humanistes, jouer sérieusement – à identifier ces formes. Un réaliste verra des lichens. Un rêveur sera sûr d’avoir décelé un cerf avec ses bois. Tel autre se demandera dans quel coin du globe habite ce monstre effrayant. Tel autre se dira qu’il est bon que les insectes n’aient pas cette taille. Tel autre décèlera cet animal fantastique qui existe, à n’en pas douter, dans les méandres du cerveau. Colette Raynaud dit simplement qu’elle crée un univers fantastique, chimérique. « Ce qui m’intéresse, c’est la fiction, mon musée imaginaire. Je joue d’une valeur ajoutée du réel. » Quand on lui parle de réel, elle affirme ne pas s’en préoccuper, si bien que ces œuvres peuvent apparaître comme les traces tangibles de l’inconscient, le dévoilement patient, ordonné, serein d’un monde fantasmatique que seul le travail artistique, esthétique permet de donner à voir. « Mon réel, c’est un monde imaginaire que je bâtis, que je crée et dans lequel chacun peut voir ce qu’il veut. Ce qui m’intéresse, c’est la fiction. »

Quel est l’objet de cette fiction ? Quels éléments palpables sont utilisés pour créer cet univers singulier ? Colette Raynaud utilise des fragments de plantes, mousses, lichens, graines, feuilles, fleurs… Elle se passionne pour le monde végétal. « Si je n’avais pas été attirée par l’art, j’aurais pu être fleuriste ou horticultrice. » Mais il ne s’agit pas d’établir un lien avec la nature et encore moins de défendre une idée de la nature. « J’aime la nature, mais ce n’est pas mon problème. Je suis tout aussi heureuse devant un pot de fleurs que dans un bois. J’aime aussi la nature urbaine, le brin d’herbe poussé sur le trottoir ou le géranium d’un balcon. » Pour notre artiste-fleuriste, le monde végétal fournit une matière première idéale. « Je garde le souvenir de mes années de sculpture aux Beaux-Arts. Le végétal est un matériel en volume facile à transformer. On peut le modifier comme on veut. On peut le tordre, le couper, le sécher ou l’humidifier à nouveau. On peut lui faire prendre toutes les formes désirées. » La préparation du morceau de lichen, par exemple, qui sera posé sur la surface sensible est déjà une petite création artistique. Avant de s’enfermer dans la chambre noire, Colette Raynaud se fait peintre. « N’ayant pas de négatif, je ne peux pas jouer sur les valeurs. Je suis obligée de tricher. Avec un pinceau 00 et de la gouache, je peins en blanc les parties que je veux toutes noires. J’obtiens des nuances de gris avec du rouge ou du vert. J’affine les détails, notamment avec les nervures. »

Bien sûr, il ne suffit pas d’ouvrir les portes de l’imaginaire ou de jouer de prouesses de ciselure pour que les œuvres soient dignes d’intérêt. Chaque image frappe par sa force esthétique, par la maîtrise parfaite du cadrage, des jeux d’ombres et de lumière, par la richesse d’un univers unique. Que ce soient les photographies plus anciennes avec un fond noir qui donne une vertigineuse profondeur, ou celles exposées récemment à la galerie Satellite, dont le fond est un jeu avec le motif qui va jusqu’à la réalisation de papier peint, le travail de Colette Raynaud se révèle d’une grande cohérence. Comme dans la musique sérielle, de petites variations relancent le mouvement, créent une belle harmonie.

Franck Delorieux


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« La mort viendra et elle aura tes yeux » – Chronique photographique

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« La mort viendra et elle aura tes yeux », écrivait Pavese. Elle a les yeux, d’abord, qui soudainement n’expriment plus rien, plus qu’un grand vide, un vide immense, un vide à taille de néant. Non, on ne peut pas regarder les yeux d’un mort. On ne s’y lit plus, on ne lit plus que sa propre mort, et elle nous sidère comme si elle tentait de nous aspirer avec elle. Dans les yeux d’un mort, on ne peut lire que sa propre mort, à livre ouvert… Chronique photographique de Franck Delorieux. Lire la suite