Fernand Léger, peintre architecte

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Deux expositions consacrées à Fernand Léger (au Musée Léger à Biot, et une quasi-rétrospective au centre Pompidou de Metz), permettent d’admirer l’œuvre d’un des principaux maîtres de l’avant-garde artistique du XXe siècle et son évolution, ainsi que les liens que le peintre entretenait avec l’architecture… Par Itzhak Goldberg. Lire la suite

Margot et Rudolf Wittkower : La vie d’artiste

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Voici un chef-d’œuvre de l’histoire de l’art : « Les Enfants de Saturne. Psychologie et comportements des artistes de l’Antiquité à la Révolution française », de Margot et Rudolf Wittkower, mari et femme, revenant sans doute plus à l’épouse qu’au mari, car plus intéressée que lui par les vies d’artistes composant ce gros livre qui a d’abord paru en 1963, traduit en français en 1985 par Daniel Arasse et réédité aujourd’hui dans une version augmentée… Par Didier Pinaud Lire la suite

Picasso : le mystère de la création

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Trois expositions majeures consacrées à Picasso permettent de poser la question du génie alchimique qui transforme tout ce qu’il voit, tout ce qu’il touche en or : l’une à Rouen, au Musée des Beaux-Arts, consacrée à la production de Boisgeloup ; la seconde au Musée des Arts Premiers, qui s’intéresse au « Picasso primitif ; la dernière, au Musée Picasso, consacrée à Olga Khokhlova Picasso… Par Philippe Reliquet. Lire la suite

Le mythe de Rousseau

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L’impossibilité de classer Rousseau dans un mouvement artistique bien déterminé, son style à géométrie variable ont fait son impact sur les différents acteurs de l’avant-garde est difficilement discernable. En réalité, cet impact ne se situe pas sur le plan visuel, mais il renvoie plutôt aux principes communs. En toute logique, car son œuvre n’imite pas, ne cherche pas le réalisme photographique, mais procède par allusion ou suggestion. Lire la suite

Juan Gris, le cubisme passionné

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L’exposition de Gris (1887-1927), exemplaire par son accrochage, offre un parcours complet de cet artiste. Ainsi, les tableaux qui se situent entre les années 1911 et 1918 démontrent magnifiquement que, même si Gris ne fait pas partie des « inventeurs » du cubisme, il est tout sauf un simple suiveur du fameux tandem formé par Braque et Picasso… Par Itzhak Goldberg Lire la suite

Degas est aussi un sculpteur


Degas est aussi un sculpteur

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Degas - Danseuse-de-14-ans

Au premier abord, on s’étonne. La Pis­cine de Roubaix – ce magnifique espace muséal dans le style Art déco des années trente et qui mérite à lui seul la visite pour sa collection de peintures, sculptures, céramiques et tissus – expose les sculptures d’Edgar Degas. De fait, tout le monde connaît les toiles et les pastels de cet artiste. Rattaché aux impressionnistes, avec lesquels il a souvent exposé, l’artiste ne partage pas leur trait le plus commun ; aux effets de lumières en plein air il préfère le mouvement sous ses différentes formes. Qu’il s’agisse de chevaux galopants, de danseuses s’exerçant à la barre ou de femmes captées dans leur intimité, c’est toujours le corps, animal ou humain, qui reste sa principale préoccupation.

Ainsi, c’est naturellement que Degas est attiré par ce corps-à-corps entre l’artiste et la matière qu’est la sculpture. Plus encore que dans la pein­ture, qui se permet des escapades occasionnelles dans le paysage ou la nature morte, la présence hu­maine demeure l’obsession du sculpteur. Comme de nombreux artistes peintres (Matisse, Picasso, Renoir), Degas pratique la sculpture occasionnel­lement et déclare à ce sujet : « C’est pour ma seule satisfaction que j’ai modelé en cire bêtes et gens, non pour me délasser de la peinture ou du dessin, mais plutôt pour donner à mes peintures et à mes dessins plus d’expression, plus d’ardeur et plus de vie. Ce sont des exercices pour me mettre en train, du document sans plus. » Fausse modestie ? Plutôt une précaution de la part du créateur dont la seule oeuvre montrée de son vivant (à la sixième exposition impressionniste, en 1881) a été violem­ment critiquée. Il faut avouer qu’il ne s’agissait pas de n’importe laquelle : la fameuse danseuse de quatorze ans, au visage lourd et inexpressif, habillée de matériaux empruntés au réel (un tutu en dentelle, un ruban de soie) – un assemblage au­dacieux autant qu’une sculpture, dont le réalisme absolu fit scandale. À La Piscine, elle trône au milieu de quelque soixante-dix pièces en prove­nance du musée d’Orsay. Ces bronzes réalisés par le fondeur Hébrard, contre la volonté de l’artiste, à partir des cires trouvées après son décès dans l’atelier de Degas, frappent le spectateur par leur ressemblance avec les personnages qu’on croise dans les toiles du peintre : une femme accroupie qui s’essuie, une danseuse réalisant un mouvement aérien, un cheval saisi en plein envol…

« Citations picturales » ? L’histoire de l’art les considère comme des modèles qui permet­tent à l’artiste d’explorer les problèmes de la forme dynamique en trois dimensions, avant de l’insérer sur la surface picturale. Mais, quoi qu’en ait dit Degas, ce sont de véritables oeuvres d’art autonomes et non pas de simples exercices d’atelier. Leur mise en scène élégante par le mu­sée de Roubaix permet au spectateur de profiter de ce pan méconnu de l’oeuvre du peintre, le premier à fixer l’éphémère.

Itzhak Goldberg

Degas sculpteur, La Piscine, Roubaix, jusqu’au 16 janvier 2011.
Catalogue, Éditions Gallimard, 248 pages, 39 euros.