N° 152 – Les Lettres Françaises du 14 septembre 2017

Au sommaire du numéro 152 : Lutz Bassmann, un alias de Volodine, par René de Ceccatty ; Michaël Fœssel, par Nicolas Dutent ; retour sur le Festival d’Avignon, par Jean-Pierre Han ; Frédéric Verger, par Christophe Mercier ; Viet Thanh Nguyen, par J.-P Han ; Franck Delorieux, par Victor Blanc Evan S. Connell, par Sébastien Banse ; Podemos, par Baptiste Eychart ; Walter Benjamin, par Didier Pinaud ; Karel Appel, par Marc Sagaert ; Piet Mondrian, par Itzhak Goldberg ; l’atelier-musée de Delacroix, par Philippe Reliquet… Pour télécharger le numéro, veuillez cliquer ici.

N° 150 – Les Lettres Françaises du 13 juillet 2017

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Au sommaire du numéro 150 des Lettres Françaises : Madame de Staël, par Silvia Baron Supervielle ; les éditions de la Différence, par René de Ceccatty ; Jacques Prévert, par Christophe Mercier ; George Bernanos, par Sébastien Banse ; Moholy-Nagy, par Franck Delorieux ; Georges Pérec, par Paul Fournel et Marc Sagaert ; le festival d’Avignon, par Jean-Pierre Han ; Fernand Léger, par Itzhak Goldberg, Arnaud Claass, par Didier Pinaud… Lire la suite

N° 149 – Les Lettres Françaises du 7 juin 2017

Au sommaire du numéro 149 des Lettres FrançaisesLes Saisons de Franck Delorieux, par Jean Ristat ; Ryôkan, par René de Ceccatty ; la Biennale de Venise, par Jean-Jacques Régibier ; Alexandre Dumas fils, par Christophe Mercier ; Nathalie Sarraute, par Christophe Mercier ; un inédit en français de Juan Villoro ; Heiner Müller, par Jean-Pierre Han…

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N° 136 – Les Lettres Françaises du 14 avril 2016

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Au sommaire du numéro 136 : Sandro Penna, par René de Ceccatty ; Gestes de poésie, par Silvia Baron Supervielle ; Pablo Neruda, par Victor Blanc ; Lacoue-Labarthe, par Didier Pinaud ; Vargas Llosa, par Marc Sagaert ; Jean Cocteau, par Christophe Mercier ; Diane de Margery, par René de Ceccatty ; Jerôme Bosch, par Marc Sagaert ;Rodrigo Plà, par Luc Chatel… Pour télécharger le numéro, veuillez cliquer ici.


« … que je voie qui est vivant et qui est mort. »

« … que je voie qui est vivant et qui est mort. »

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Avant de nous quitter le 12 mars 2009, Pierre Bourgeade nous a laissé un dernier roman, Le Diable, l’histoire de trois destins qui s’entrecroisent dans l’Italie des années de plomb : Ercole, un jeune prêtre, Giovanna, une ancienne prostituée qui a épousé un banquier assassiné par les Brigades Rouges, et Attilio, un artificier au service des Brigades.

Les deux hommes sont liés par le doute qui s’est emparé d’eux. Le Brigadiste ne peut se résoudre à adopter l’analyse que lui tient son chef :« Le premier ennemi de la révolution elle-même, c’est la rue. Tu vois ces gens pressés, acharnés, avides. As-tu regardé quelquefois leur visage ? Ils ne sont plus les victimes de l’hydre : ils sont devenus l’hydre elle-même. Nous n’avons plus à frapper à la tête : c’est l’hydre elle-même qu’il faut frapper. D’où notre décision de revenir à des actions non individuelles – des attentats aveugles, comme on dit. » Lorsqu’un mouvement qui se prétend révolutionaire abandonne la défense du peuple et se met à le prendre comme cible, il ne peut que devenir l’ennemi du peuple. L’artificier prend conscience de cette erreur et se refuse à perpétrer au hasard le massacre des innocents. Il y sera forcé par un marché ignoble : un attentat contre la vie de son fils, enlevé par ses anciens camarades.

Le prêtre, quant à lui, est en proie à la tentation née de sa rencontre avec la belle veuve. Il y succombe peu à peu, retrouvant dans la chair la passion qu’il ne trouvait plus dans l’Eglise, revenant à la pureté par le chemin de la souillure. On peut regretter que Bourgeade n’ait pas poussé plus loin son analyse de l’aveuglement des Brigades, qu’il ne questionne pas les assassinats politiques ciblés, qu’il n’évoque pas l’infiltration de l’organisation par la police. C’est peut-être que le véritable sujet de son livre est la transgression des ordres et des règles, et la rencontre, éphémère, de deux hommes qui s’éloignent des idéaux qu’ils avaient embrassés il y a longtemps. Ce que l’on ne regrettera pas, c’est de retrouver une dernière fois Bourgeade sous toutes ses facettes : le fétichiste – incroyable description du ballet des langues des amants au cours d’un baiser, l’auteur de polars – cette page d’une glaçante précision sur le Skorpion CZ 61, « pistolet-mitrailleur de fabrication tchèque, apprécié des hommes qui ne disposent que de peu d’espace pour tirer », le styliste enfin, dont la virtuosité ne nuit pas à l’émotion. Ainsi, la veillée mortuaire du serviteur, tombé mort en taillant la pelouse, sa vieille faux à la main : « Recouvert à mi-corps d’un drap blanc, le visage non plus attentif et servile mais comme détaché, hautain presque, ennobli par la mort, le vieux jardinier, ses mains croisées sur la poitrine, tenant une poignée d’herbes, attendait. »

Cent pages plus loin, d’autres morts attendent ceux qui tentent de fuir. On ne dévoilera pas le prix que devront payer le prêtre défroqué et la prostituée repentie d’un côté, le révoltionnaire désabusé et son fils de l’autre, leur terrible punition, absurde et cruelle comme le monde qui les entoure.

Sébastien Banse

Pierre Bourgeade, Le Diable, éd. Tristram, Paris, 2009, 177 pages, 18 euros.

N° 47 – Les Lettres Françaises du 5 avril 2008

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Le numéro 47 des Lettres Françaises est sorti le 5 avril 2008.

Au sommaire de ce numéro : Un portrait du sous-commandant Marcos par John Berger (deuxième partie); Louise de Vilmorin, par Jean Ristat ; les nouveaux romanciers russe, par Irène Sokologorsky et François Eychart ; la baroquisme de Henry James, par Gérard-Georges Lemaire ; les cent visages de Stendhal, par Amélie Le Cozannet ; Feydeau, par Christophe Mercier ; Russel Banks, par Sébastien Banse ; les éditions Hoochie Coochie, par Sidonie Han ; Aristote, par Jacques-Olivier Bégot ; Christine Buci-Glucksmann et Jean Clair, par Giorgio Podestà ; La Philarmonie de PAris, par Claude Glayman… Lire la suite

N° 46 – Les Lettres Françaises du 1er mars 2008

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Au sommaire de ce numéro : John Berger à la rencontre du sous-commandant Marcos ; Françoise Sagan par Franck Delorieux ; Alexandre Dumas par Claude Schopp ; Gertrude Stein par Gérard-Georges Lemaire ; Kerouac, par Blandine Guisarde ; Antoine Chainas, par Christophe Mercier ; Marguerite Yourcenar, par Marianne Lioust ; la chronique poésie de Françoise Hàn ; la Série Noire, par Auréien Masson et Christophe Mercier ; Amy Winehouse, par Michel Bulteau… Lire la suite