Nabokov épistolier

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Quand on lit les lettres de Proust, de Céline, de Beckett — pour évoquer trois correspondances imposantes de trois grands quasi contemporains de Nabokov — on retrouve, derrière l’homme, le style qui appartient à leur être même, moins peaufiné, encore à l’état brut, mais toujours présent. Chez Nabokov, rien de tout cela : son style magnifique de romancier n’est pas celui de l’homme au naturel… Par Christophe Mercier. Lire la suite

N° 154 – Les Lettres Françaises du 9 novembre 2017

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Le numéro du mois de novembre du journal Les Lettres Françaises, n° 154, qui recense le meilleur du savoir, des arts et des lettres : Sarashina, Modiano, Nabokov, Lénine, Louis Gillet, Paul Klee, Gauguin, Derain, Jacinda Escudos, Franck Delorieux, Luke Short, Maxime Cochard, Pierre Buraglio… Lire la suite

Tchekhov au fil de ses lettres

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Anton Tchékhov est mort en 1904, à 44 ans. Dans cette courte vie, il a cependant eu le temps de pratiquer la médecine, d’écrire 649 récits et nouvelles, un long reportage sur l’île de Sakhaline, et une dizaine de pièces de théâtre. Cette oeuvre imposante se double d’une correspondance pléthorique : 30 volumes dans l’édition russe ! L’édition française qui paraît aujourd’hui contient 768 lettres, ce qui est déjà conséquent… Par Christophe Mercier. Lire la suite

Le tigre et le jardinier


Le tigre et le jardinier

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Si l’on veut comprendre les liens étroits qui ont uni deux hommes aussi dissemblables que Clemenceau et Monet, il faut d’abord comprendre qui fut le premier. Il a été un homme politique opiniâtre, qui savait et aimait se faire des ennemis et affichait des idées d’une rudesse ex­trême : c’était un républicain pur et dur, farouche défenseur de la séparation de l’Église et de l’État, un radical sensible aux conditions de travail et de vie des travailleurs, qui a tenté de trouver une entente à la veille de la Commune, a fait cesser les recensements dans les églises, fait nommer le général Boulanger ministre de la Guerre tout en combattant le boulangisme, et a été le meilleur ennemi de Jean Jaurès… Clemenceau a été appelé au pouvoir, durant la Première guerre mondiale en tant que partisan affiché de la guerre à outrance. Cette intense activité journalistique et politique ne l’a pourtant pas empêché de se révéler un amateur d’art très avisé et très audacieux dans ses choix. Il aimait la peinture de Manet et il lui demanda de faire son portrait. Ce n’était pas une commande passée à Cabanel ou à Gérôme ! Et il est devenu l’ami intime de Monet. Cette amitié s’est changée en une passion esthétique. Le Tigre allait le voir à Giverny pendant les moments les plus graves de la guerre mondiale et il lui écrivait des lettres pleines d’amour pour ses créations. Ce que nous révèlent l’excellente biographie croisée d’Alexandre Duval-Stalla et les lettres échangées par les deux grands personnages, c’est une com­plicité profonde. L’homme politique écrit sur l’artiste dans la Justice ou un autre des journaux dont il a eu la charge, et il a des phrases d’une justesse rare, digne d’un connaisseur de haut vol. Il a porté à bras-le-corps le projet des Décorations de Monet, c’est-à-dire du cycle des Nymphéas qui a fini par être installé à l’Orangerie, malgré les atermoiements du peintre et les difficultés de toutes sortes. Cette biographie croisée est pas­sionnante et les relations épistolaires qu’ils ont eues sont d’une rare richesse.

Giorgio Podestà

Claude Monet-Georges Clemenceau, biographie croisée, d’Alexandre Duval-Stalla. « L’Infini », Gallimard, 304 pages, 21 euros.
Georges Clemenceau à son ami Monet, correspondance. RMN, 198 pages, 30 euros.

N°76-Novembre 2010


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