Claude Monet, le peintre collectionneur

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Les collections contribuent certainement à mieux cerner une personnalité à discerner, de toutes ces motivations, lesquelles sont déterminantes. Dans le cas d’un artiste, elles sont révélatrices. Après un patient travail de recherche par Marianne Matthieu et Dominique Lobstein, le musée Marmottan, qui possède la plus belle collection de Claude Monet, montre comment le grand artiste avait lui-même constitué une collection dans sa maison de Giverny… Par Philippe Reliquet Lire la suite

Cézanne – Zola, un roman épistolaire.

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Cézanne et Zola se sont connus au collège d’Aix. Leur correspondance croisée, éditée aujourd’hui pour la première fois est en soi un roman : l’histoire d’une amitié, de deux adolescents qui voient chacun dans l’autre son propre reflet, et qui vont gagner, peu à peu, et parallèlement, une célébrité qui suscitera longtemps le rejet, voire la haine… Par Christophe Mercier. Lire la suite

L’impressionnisme, dernier refuge d’un art en crise ?


L’impressionnisme,

dernier refuge d’un art en crise ?

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Monet - Cathédrale de Rouen

Cette année est marquée par un nombre impressionnant d’expositions concernant l’impressionnisme. Comme cet été en Normandie (surtout au musée des Beaux-Arts de Rouen, où, aux côtés des Pissarro et des célèbres Cathédrales de Monet, on a rassemblé de modestes épigones locaux, mais aussi au Havre avec une médiocre exposition Degas) et cet automne à Paris avec l’exposition phare de Monet au Grand Palais et celle de Monet et l’abstraction au musée Marmottan. Avec la très intéressante exposition de la sculpture de Degas à la Piscine de Roubaix et la pléthore d’ouvrages en tous genres qui accompa­gnent ce genre de manifestations, nous vivons bien à l’heure de ce qui aurait dû s’appeler l’École des Batignolles si un mauvais coucheur de journaliste, Louis Leroy (dans le Charivari d’avril 1872) n’avait pas inventé ce vocable qui allait faire fortune. Mais l’impressionnisme est une formule creuse. C’est Manet qui en est l’instigateur par ses rencontres au Café Guerbois. On a pu y voir Fantin-Latour et Cézanne, qui sont très loin des aspirations des Sisley, Pissarro et Monet. Manet lui-même, malgré une parenthèse où il s’est rapproché d’eux dans son écriture plastique, travaille dans une autre optique. Et même entre eux, la marge est grande entre Caillebotte, Renoir, Berthe Morisot et Bazille. Des valeurs communes, des combats communs (avec l’exposition des artistes indépendants pour faire pièce aux refus du jury du Salon), qui sont mis à mal après la Commune : Manet rassemble les siens au café de la Nouvelle Athènes et Degas tient son cercle au Rat Mort avec son ami Forain et les Italiens de Paris (Zandomeneghi De Nittis, Martelli). La belle unité de façade du début n’existe déjà plus !

On peut s’interroger, au-delà de leur intérêt propre, sur les raisons qui ont amené toutes ces institutions à cette célébration. À une époque où l’art contemporain est imposé dans tous les musées de France et de Navarre, n’est-ce pas là un contre-feu des conservateurs (le mot n’est pas innocent !) pour satisfaire un public toujours plus désorienté et une volonté de rétablir des valeurs traditionnelles en jouant sur le caractère révolu­tionnaire en leur temps de ces artistes ?

Gérard-Georges Lemaire


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