André du Bouchet : Rien n’est hermétique

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Du poète André du Bouchet, on connaît assez peu les écrits sur l’art qui viennent de paraître aux éditions du Bruit du Temps, sous le titre : « La peinture n’a jamais existé ». André du Bouchet est une sorte de critique muet, qui ne porte « aucun jugement, n’émet aucune opinion, ne se commet à aucune philosophie ni à autre esthétique que celle qui relève du tableau qu’il décrit »… Par Didier Pinaud. Lire la suite

Les visages arrachés de Claude Marchat

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Les visages arrachés de Marchat, même embrouillés et vagues, même s’ils renoncent à toute prétention à la ressemblance, surgissent et font face. Chez lui, la figure devient un objet d’expérimentation, à mi-chemin entre lisible et illisible, entre abstrait et figuratif, entre expressif et inexpressif… Par Itzhak Goldberg Lire la suite

Marie-Geneviève Ripeau, les feux absolus de l’art

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Marie-Geneviève Ripeau (1942-2017) repose au cimetière des Batignolles. Comme l’un de ses personnages, elle voulait une tombe au soleil pour avoir chaud et voir passer les gens… D’une inlassable curiosité intellectuelle, d’une grande culture, Marie-Geneviève Ripeau était passionnée d’histoire et d’art. Critique artistique, elle a publié ses articles dans Les Lettres françaises. … Par Martine Sagaert. Lire la suite

Le monde pur de Piet Mondrian

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La grande exposition de Piet Mondrian au Gemeentemuseum de La Haye s’achève maintenant. Cette manifestation, nettement plus importante que celle du Centre Pompidou (2011) – le musée hollandais possède la plus grande collection de Mondrian – propose des repères à la fois chronologiques et géographiques sur une réflexion picturale qui mène à l’abstraction… Par Itzhak Goldberg. Lire la suite

L’atelier-musée de Delacroix, lieu de charme et de ferveur

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Eugène Delacroix a occupé un atelier, dans lequel il vivait, place de Fürstenberg, près de l’église Saint-Sulpice, où il travaillait sur les fresques de la chapelle des Saints-Anges, de 1857 à 1861. Après sa mort, il fallut une énergie exceptionnelle pour sauver le lieu. L’insistance, la passion de Maurice Denis vainquirent les réticences et il obtint la location du lieu au profit de la Société des Amis d’Eugène Delacroix… Par Philippe Reliquet. Lire la suite

Nantes a son nouveau Musée d’Arts

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Visite à travers les espaces et les collections du tout nouveau Musée d’Arts de Nantes, qui a été inauguré au début de l’été 2017. Une réussite qui permet sans doute de dire que cette nouvelle institution est peut-être maintenant la plus aventureuse en dehors de Paris…
Par Philippe Reliquet. Lire la suite

Picasso : le mystère de la création

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Trois expositions majeures consacrées à Picasso permettent de poser la question du génie alchimique qui transforme tout ce qu’il voit, tout ce qu’il touche en or : l’une à Rouen, au Musée des Beaux-Arts, consacrée à la production de Boisgeloup ; la seconde au Musée des Arts Premiers, qui s’intéresse au « Picasso primitif ; la dernière, au Musée Picasso, consacrée à Olga Khokhlova Picasso… Par Philippe Reliquet. Lire la suite

De l’excentricité en art


De l’excentricité en art

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revue culturelle et littéraire les lettres françaises - manet - art

Sur la plage - Edouard Manet

L’exposition présentée au musée d’Orsay autour de la figure emblématique d’Oscar Wilde est superbe. Les œuvres et les objets réunis, d’Edward Burne-Jones à William Morris, de Waterhouse  à James McNeill Whistler en passant par les grands académiciens (Albert Moore, James Tissot, Alma-Tadema, Frederic Leighton), sans oublier Aubrey Beardsley, qui a illustré Salomé, de Wilde, et qui a crééla revue The Yellow Book, l’ensemble nous donne une certaine idée de la fin de l’ère victorienne (Wilde meurt en 1900 et la reine Victoria, en 1901). Elle a été conçue avec un goût sûr et beaucoup de raffinement. Le catalogue, qui pour une fois n’est pas pléthorique, est un excellent réceptacle de cet événement. Mais – car il y a un mais – les chevilles ouvrières de cette reconstitution historique ont oublié tout un aspect de l’art anglais de l’époque, profondément influencé par la France, surtout par Manet et ensuite par les impressionnistes et puis Gauguin, Toulouse-Lautrec. Walter Sickert est sans doute l’un des meilleurs représentants dans cette veine. Et si l’on regarde de  plus près les écrits sur l’art d’Oscar Wilde réunis dans Intentions, force est de constater qu’il ne pense pas autant aux préraphaélites qu’Henry James, mais à Turner (il marque son respect pour John Ruskin) et aux impressionnistes pour le présent : « Je les aime bien. Leur tonalité blanche et ces variations lilas ont fait date dans l’histoire de la couleur. Bien que l’instant ne fasse pas l’homme, l’instant fait certainement l’impressionnisme, et en l’honneur de l’instant en art, et de ce “mouvement de l’instant”, pour reprendre l’expression de Rossetti, que ne pourrait-on dire ? Ils sont également évocateurs. »

Des artistes tels que John Singer Sargent, Philip Wilson Steer, George Clausen et Stanhope Forbes,  réunis depuis 1885 au sein du New English Art Club, auraient  eu leur place dans cette vision rétrospective. Et puis, on aurait aimé que les théories paradoxales de l’auteur du Portrait de  Dorian Gray soient mises en valeur. Elles étaient excentriques  en diable et affirmaient que la critique était plus importante que l’art, que sa critique du siècle de Périclès n’aurait pas connu un tel épanouissement dans la peinture et la sculpture. C’est l’esprit  critique qui définit l’esprit des œuvres – ce serait donc pour lui  un art en soi, l’art suprême : « La critique est, en fait, tout à la  fois créatrice et indépendante », ne serait-ce que par le simple fait que c’est elle qui fait vivre les œuvres d’autrefois, comme l’a fait Walter Pater dans ses Vies imaginaires.

Gérard Georges Lemaire

« Beauté, morale et volupté dans l’Angleterre d’Oscar Wilde »,  musée d’Orsay, jusqu’au 15 janvier 2012.  Catalogue : Musée d’Orsay/Skira Flammarion, 224 pages, 25 euros.
 
N° 87 – Novembre 2011

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