Morgan Sportès : les infections du monde

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Les romans de Morgan Sportès constituent une sorte de plongée dans les infections de notre monde, une chronique de sa marche chaotique qui finira bien par déboucher sur le pire, tant l’équilibre entre la raison et l’aventurisme est devenu instable. Sportès ne craint pas de déranger, un peu comme ces philosophes matérialistes du XVIIIe siècle qui ne pouvaient s’empêcher de mettre en lumière, non pas les malheurs de leur temps, ce qui était admis, mais leurs causes, ce qui était moins conseillé. Sommes-nous si loin de leur époque ?… Par François Eychart Lire la suite

René de Ceccatty : retraduire Dante

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C’est parce que j’ai été sensible au caractère hérétique, rebelle, corsaire de la « Divine Comédie » que j’ai entrepris de retraduire ce chef-d’œuvre, traduit par des dizaines d’autres français avant moi, pour le réactualiser et le relire dans une visée « transhistorique », pourrait-on dire, c’est-à-dire en déplaçant le texte, non seulement de langue, mais de contexte, ainsi qu’on le fait, de toute façon pour tout texte classique étranger… Par René de Ceccatty. Lire la suite

Alfred Hayes, scénariste et romancier

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Le cas d’Alfred Hayes (1911-1985) est atypique : né en Angleterre dans une famille juive, mais élevé à New York, auteur d’un recueil de poèmes, il servit en Europe durant la guerre, et resta à Rome où, coup d’essai-coup de maître, il écrivit l’un des six épisodes de « Païsa » de Rossellini. Ce n’est qu’en cette même année 1946 qu’il publia le premier de ses sept romans, « All Thy Conquests ». Il ne s’agit donc pas d’un génie littéraire impécunieux exploité par l’ « usine à rêves », mais d’un homme qui semble avoir mené de front une double carrière de romancier et de scénariste… Par Christophe Mercier Lire la suite

Luna Granada et le marchand de sommeil

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Au XXI siècle, à deux kilomètres de Paris, des gens s’entassent dans des taudis loués à prix d’or par des crapules. Parfois, un immeuble brûle… Ce serait un parfait sujet de polar. Luna Granada a choisi de le traiter sous la forme d’une fable illustrée, du point de vue d’une enfant au manteau couleur d’azur, qui lève des yeux inquiets vers des adultes gris comme des nuages… Par Sébastien Banse Lire la suite

Emmanuelle Grangé, récit d’une absence

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Le premier livre de la comédienne Emmanuelle Grangé aurait très bien pu s’intituler, la Disparition, un titre malheureusement déjà pris par Georges Perec. Avec Son absence, l’auteure y gagne au change, en étant beaucoup plus juste par rapport à ce qu’elle développe dans son roman. Car s’il est bien question d’une disparition celle d’un jeune homme de « bonne » famille de six enfants qui, du jour au lendemain, décide de faire ses adieux et de disparaître définitivement… Par Jean-Pierre Han Lire la suite

Anne Godard et la fille brûlée

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On avait lu un premier roman d’Anne Godard, « L’inconsolable », en 2006, dont le sujet était la mort d’un fils, dans un monologue d’un genre particulier. Dix ans après, Anne Godard revient avec un second roman, « Une chance folle », où recommence la même histoire qui cloche, où la mort est encore là, où l’ambivalence du rapport à la mère conditionne tout, mais où il s’agit peut-être et surtout d’une jeune fille qui sent et qui expérimente qu’elle est éternelle… Par Didier Pinaud. Lire la suite

Franck Delorieux lit « les Saisons »

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Mardi 26 septembre, Franck Delorieux était à la librairie Gallimard, à Paris, pour une rencontre et une lecture de son recueil de poésies, Les Saisons, illustré par Bernard Moninot et paru il y a peu aux éditions Gallimard. Il en a également profité pour présenter son premier ouvrage de photographie, Le Rameau vert, publié récemment par les éditions Helvétius. Lire la suite

Bertrand Leclair, le roman comme expérience

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Ecrire un roman, dit Bertrand Leclair, « c’est tenter de jeter un pont sur le vide pour atteindre un autre qu’on veut toucher, mais un autre dont on ignore tout. » C’est ce qu’il avait appelé « le roman comme expérience », dans une conférence donnée à Paris, en 2006. Dans le roman qu’il publie aujourd’hui aux éditions du Mercure de France, Perdre la tête, l’art du roman est plus que jamais cette écriture sur le vide, dans le vide, et où – en plus – il a placé en exergue une célèbre phrase de Georges Bataille : « Ecrire est rechercher la chance » Par Didier Pinaud. Lire la suite

Marie-Geneviève Ripeau, les feux absolus de l’art

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Marie-Geneviève Ripeau (1942-2017) repose au cimetière des Batignolles. Comme l’un de ses personnages, elle voulait une tombe au soleil pour avoir chaud et voir passer les gens… D’une inlassable curiosité intellectuelle, d’une grande culture, Marie-Geneviève Ripeau était passionnée d’histoire et d’art. Critique artistique, elle a publié ses articles dans Les Lettres françaises. … Par Martine Sagaert. Lire la suite

Walter Benjamin, l’épuisé

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Walter Benjamin est mort à Port-Bou, en 1940, « fuyant mon pays qui collaborait à son assassinat », comme le dit aujourd’hui Sébastien Rongier dans un très beau récit qu’il a intitulé « Les désordres du monde », où il est allé sur les traces du philosophe et critique allemand, dans ses dernières heures, juste avant son suicide ; un récit entre livres, lieux, Histoire et intimité, qu’il publie aux éditions Pauvert… Par Didier Pinaud. Lire la suite