A propos des Lettres françaises


L’histoire éditoriale des Lettres françaises se divise en quelques grandes parties :

– La création du journal, sous l’Occupation (1941-1944)

Le journal a été conçu à la fin de l’année 1941, dans un geste de résistance intellectuelle à l’Occupation, par Jacques Decour et Jean Paulhan. Dix-neuf numéros ont paru pendant la Seconde Guerre mondiale. Ils ont été numérisés par la BNF, sur son portail Gallica.

Un ouvrage publié au Cherche Midi en 2008, avec une présentation de François Eychart et Georges Aillaud, regroupe tous les numéros des Lettres françaises pendant la clandestinité ainsi que ceux d’un autre journal de la Résistance auquel Louis Aragon contribua : Les Etoiles. (Il existerait aussi une réimpression de ces numéros, publiée aux alentours de 1946, à 1200 exemplaires.)

Les Lettres françaises de Louis Aragon, jusqu’à l’automne 1972

Les Lettres françaises paraissent à rythme hebdomadaire de la Libération jusqu’à l’automne 1972, sous la direction de Claude Morgan (jusqu’en 1953), puis de Louis Aragon, avec le concours du Parti communiste français.

La BNF a poussé son travail de numérisation jusqu’à l’année 1949. Pour consulter les numéros entre 1949 et 1972, il faut aller consulter les archives sur papier ou microfilms, qui se trouvent à la BNF (nous avons entendu une fois que les archives départementales de la Seine-Saint-Denis auraient une collection des LF).

– La brève reparution dans les années 1990 au format mensuel

Le titre cesse de paraître entre fin 1972 et décembre 1989, date à laquelle un numéro « 1 » des Lettres françaises est encarté avec la revue Digraphe. Paraissent ensuite indépendamment 32 numéros des LF, sous la direction de Jean Ristat, avec le soutien des éditions Galilée, jusqu’en 1993.

– La nouvelle série depuis mars 2004, sous la direction de Jean Ristat

Jean Ristat fait renaître Les Lettres françaises, comme supplément hebdomadaire du quotidien l’Humanité le 19 mars 2004. Le journal connaît 115 numéros papier avant de passer en version numérique sur son site.

En septembre 2018, un numéro « 0 » des Lettres françaises reparaît en papier à l’occasion de la Fête de l’Humanité. Avec le soutien des éditions Helvétius, le journal est imprimé chaque mois depuis, et disponible sur abonnement.

Le site actuel des Lettres françaises rassemble la quasi-intégralité des numéros parus depuis mars 2004.


L’histoire intellectuelle des Lettres françaises est trop longue pour qu’on la résume ici en quelques mots. Quelques livres peuvent servir à se donner une idée de ses différentes périodes :

– L’anthologie « Les Lettres françaises. Cinquante ans d’aventure culturelle« , coordonnée par Guillaume Roubaud Quashie et publiée par les éditions Hermann.

Recherches croisées Aragon-Elsa Triolet, vol. 14 : Les Lettres françaises, sous la direction de Maryse Vassevièere et Luc Vigier, Presses universitaires de Stasbourg, 2013.

Jacques Decour. L’oublié des Lettres françaises, de Pierre Favre, une biographie de Decour, l’un des fondateurs du journal qui fut fusillé par les nazis en mai 1942. (L’ouvrage a été publié par les éditions Farrago, dont le stock a été racheté par les éditions Verdier. L’ouvrage est toujours noté disponible sur Electre, mais les éditions Verdier ne le mentionnent pas dans leurs fonds repris. ISBN : 2-84490-099-2 )

Littérature, politique et communisme : lire Les Lettres françaises, par Verena Conley, Director of Graduate Studies at Harvard University. Une étude sur les rapports entre politique et culture dans la clandestinité, l’après-guerre et la décolonisation, publiée en 2005 chez Peter Lang.

Les Lettres françaises, jalons pour l’histoire d’un journal 1941-1972, de Pierre Daix. Considérations d’un ancien rédacteur en chef du journal.

– On peut également consulter le blog de la Société des Amis de Louis Aragon et Elsa Triolet), qui publie un semestriel, Faites entrer l’Infini, ainsi que des Annales

– On peut aussi aussi les travaux de l’ERITA (Equipe de Recherche Interdisciplinaire sur Louis Aragon et Elsa Triolet), sous la direction de Luc Vigier, qui touchent régulièrement aux Lettres françaises.  

– Les gens de la Maison Elsa Triolet-Aragon détiennent aussi des ressources quant à l’histoire des Lettres françaises. On peut les contacter, mais c’est un si bel endroit qu’il vaut mieux s’y rendre.