Luna Granada et le marchand de sommeil


Si l’on vit à Saint-Denis, comme c’est le cas de Luna Granada (et le mien), on s’habitue à voir les façades décrépites des immeubles insalubres aux fenêtres murées. Au XXI siècle, à deux kilomètres de Paris, des gens s’entassent dans des taudis loués à prix d’or, au mépris des lois, par d’immondes crapules. Quand les opérations de « rénovation urbaine » s’emparent d’un bâtiment délabré, les habitants délogés trouvent un autre refuge. Les « marchands de sommeil » ne manquent pas de clientèle. Parfois, un immeuble brûle…

Ce serait un parfait sujet pour un roman réaliste, un polar. Luna Granada a choisi de le traiter sous la forme d’une courte fable illustrée, du point de vue d’une enfant au manteau couleur d’azur, qui lève des yeux inquiets vers des adultes gris comme des nuages. Les gravures sur gomme donnent un aspect onirique au combat que se livrent le veilleur de nuit et le marchand de sommeil, le rêve et le cauchemar d’une petite fille qui essaie de dormir malgré le crépitement des girouettes, la pluie et le froid.

Sébastien Banse

Luna Granada, Le Marchand de sommeil.
Editions de l’Avant-courrier, 44 pages, 15 €.

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