La création au « pays de l’éternel printemps »


Fidèles à la préoccupation d’Aragon tout au long de sa vie, Les Lettres Françaises sont aussi bien des Lettres internationales. Rubriques mensuelles : Lettres d’Amérique latine, dossiers : Littératures chinoises d’hier et d’aujourd’hui, Littératures russes, Littérature vietnamienne, une ouverture sur le monde…, et numéros spéciaux : Colombie, Algérie, Cuba, Guatemala, ouvrent aux lettres étrangères de nouveaux angles d’approches dans des pays que l’on ne voit trop souvent que par le prisme du sensationnel, de la douleur, de la violence et des difficultés socio-économiques.

Ainsi, après le numéro des Lettres dédié à la  Colombie, publié en espagnol et  lancé dans le cadre du Salon du livre de Bogota, et le numéro « Colombie » publié en France (n° 27, juin 2006) ; après celui entièrement consacré à l’Algérie (n° 74, septembre 2010), également publié intégralement en arabe  par le grand quotidien El Dzazair News ; et après celui consacré à Cuba (n° 96, septembre 2012), voici donc un nouveau numéro spécial des Lettres consacré celui-ci au Guatemala.

Ou plutôt deux. Le premier, publié au Guatemala en espagnol, le 14 juillet 2017, est le fruit d’une coopération entre l’Alliance Française et le quotidien guatémaltèque El Periódico. Réalisé grâce à l’appui de l’Ambassade de France et de l’Institut Français d’Amérique centrale, il a été diffusé à 26.000 exemplaires et présenté lors de la Journée de la France dans le cadre de la FILGUA, le Salon du livre de Guatemala. Le second, que l’on présente aujourd’hui, a, quant à lui, été lancé le 4 septembre au cours d’une soirée spéciale à la Maison de l’Amérique latine à Paris.

Réalisé un numéro spécial Guatemala nous parait important à plus d’un titre. Parce que la création y est riche, diverse, contrastée, à l’image de la faune et de la flore luxuriante d’un pays aux superbes paysages naturels faits de  lacs, de jungles, de villes séculaires, de sites archéologiques et de volcans.

Parce que la tradition littéraire héritée de la civilisation maya remonte à plusieurs siècles. Comme l’atteste des textes fondateurs tels le Popol Vuj, récits de création des mayas Quiche et le Rabinal Achi, drame dynastique maya du XVème siècle,  qui est encore aujourd’hui raconté dans le village de Rabinal, à l’occasion de la procession et de la danse rituelle, le 25 janvier.

Parce que la création contemporaine y est vive, active et plurielle et qu’elle féconde des espérances ouvertes sur de nouvelles alchimies. Parce que  2017 est une année particulièrement riche pour les relations culturelles franco-guatémaltèques. C’est, en effet, l’année du cinquantenaire de l’attribution du  prix Nobel de littérature à Miguel Angel Asturias. L’écrivain a été diplomate dans divers pays notamment en France et ses cendres se trouvent au cimetière du Père Lachaise. L’auteur de Légendes du Guatemala, de Monsieur le Président et d’Une certaine mulâtresse, qui vient d’être décoré à titre posthume  par le président guatémaltèque de la plus haute distinction nationale, l’ordre du Quetzal, au rang de Grand-croix, est effectivement à l’honneur dans son pays où un grand nombre de manifestations sont organisées tout au long de l’année.

Et enfin, parce que le Guatemala commémore cette année le 25ème anniversaire de l’attribution du prix Nobel de la Paix à Rigoberta Menchú Tum, une femme exceptionnelle qui mène des actions humanitaires par le biais de sa fondation et dont le Club Quetzal, fondé par Vincent Simon, est le relais en France.

Ces quelques pages ne sauraient montrer toute la richesse du monde culturel guatémaltèque. Il s’agit plutôt, à travers ces deux numéros, d’en donner une première approche. De donner la parole  à des hommes et des femmes, écrivains, plasticiens, poètes, photographes, musiciens ou archéologues remarquables, quitte à arrêter un instant  les machines du temps, de ce pays dit de l’éternel printemps.

Marc Sagaert


 

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