Le musée intérieur d’Henry James


132824_couverture_hres_0On sait qu’Henry James, non content d’avoir écrit plus de vingt romans, et des centaines de nouvelles, a laissé une oeuvre immense, et multiple : textes théoriques dans lesquels il s’interroge sur son art, autobiographies, critique littéraire, récits de voyages.

Jean Pavans, son incontestable spécialiste, traducteur ou re-traducteur de plusieurs romans (notamment la sublime Coupe d’Or, un de ses romans les plus fascinants), et surtout de l’intégrale des nouvelles (aux éditions de La Différence, en quatre énormes volumes qu’il faut préférer à la traduction de la Pléiade, moins littéraire, et due à plusieurs traducteurs, et qui a donc moins d’unité), découvreur de plusieurs récits de voyage jusqu’alors inédits en français, nous offre aujourd’hui une nouvelle facette de James : le James qui, un temps, a voulu s’adonner à la peinture, et qui a laissé des textes de critique d’art disséminés dans des journaux enfouis sous la poussière du temps.

L’essai de Pavans est brillant, lumineux, savant, et donne un nouvel éclairage de certains de ses grands textes (notamment Les Ambassadeurs). Il est suivi, ce qui est précieux, d’une centaine de pages d’inédits de James critique d’art, notamment un long essai sur Delacroix, et un autre sur son ami John Singer Sargent, qui a fait son portrait, et dont l’univers est comme un double pictural de celui de James.

Le musée intérieur d’Henry James est donc un livre indispensable à tout amateur de James, complète sa bibliographie française, et permet d’espérer que Jean Pavans, un jour prochain, publiera la totalité des écrits sur l’art de James.

Christophe Mercier


Jean PAVANS Le musée intérieur d’Henry James

Seuil, 200 pages, 27 euros

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