Sur la Toile, récemment… (6)


Sur la Toile, récemment… (6)

 

Dans son livre La force de l’ordre, fruit d’une étude menée durant quinze mois en immersion au sein d’une Brigade Anti-Criminalité (BAC) de la banlieue parisienne, l’anthropologue Didier Fassin tire de nombreuses conclusions qui semblent lucides sur le rôle confié à ces unités spéciales de la police nationale. Au-delà des particularités propres au commissariat qui l’a hébergé, Fassin est amené à considérer que ces brigades, officiellement chargées de combattre la délinquance dans les zones urbaines sensibles, participent plus à préserver la reproduction de l’ordre social qu’à assurer le maintien de l’ordre public. Parmi les techniques d’inculcation au sujet de sa place dans la société, il y a notamment la multiplication, largement injustifiée, des contrôles d’identité. Grâce à l’observation de terrain, Fassin parvient à donner chair aux statistiques, qui révèlent qu’un jeune a onze fois plus de chances d’être contrôlé dans une gare, huit fois s’il est noir, six fois s’il est arabe. Pour tenter de mettre fin à ce phénomène, un Collectif contre le contrôle au faciès s’est créé récemment en lançant une action nationale contre les contrôles d’identité abusifs : « A chaque contrôle hors véhicule et sans motif, retenez la date, l’heure, le lieu, le contexte du contrôle, le motif annoncé, le déroulement et le comportement du policier, et envoyez le SMS CONTRÔLE au 07 60 19 33 81. Le Collectif vous rappellera en 24H pour faire valoir vos droits et vous inclure dans cette action inédite en France ». De nombreux musiciens de rap notamment, souvent issus des quartiers de la banlieue où ces contrôles atteignent un fréquence inédite, soutiennent cette action menée par un collectif qui n’est « ni une association, ni un collectif anti-police », mais reste persuadé de l’inefficacité de ces procédures.

**

Le nouveau numéro de Fakir, le n° 52, est sorti. C’est en tout cas ce qu’annonce leur site. Le trouvera-t-on en kiosque, près de chez soi, au prix de 3 euros ? On l’espère. Sinon, il faudra se résoudre à s’abonner.


Share this...
Share on Facebook
Facebook
Tweet about this on Twitter
Twitter