Lucien Febvre, un pionnier


Lucien Febvre, un pionnier

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Lucien Febvre le constatait lui-même : « Le sort du pionnier est décevant. » Ou les contemporains l’absorbent aussitôt dans une démarche collective globale, ou ils l’ignorent et sa gloire ne sera que posthume. Pourtant, l’historien de Martin Luther, de Rabelais ou de Michelet s’est bel et bien voulu pionnier d’une nouvelle démarche historienne, démarche dont il a tracé les contours à travers ses livres de recherche, mais aussi des articles méthodologiques, souvent parus dans Annales, la revue qu’il avait fondée avec Marc Bloch. Ces plaidoyers aussi vigoureux qu’argumentés pour une histoire problématisée et fécondée par les autres sciences sociales ont permis à l’historiographie française de tourner la page d’une production historienne traditionnelle volontiers cocardière, se limitant aux niveaux politiques, militaires et diplomatiques de l’expérience historique. Ils ont, de surcroît, dessiné les contours des recherches ultérieures d’un Braudel, d’un Leroy-Ladurie ou d’un Robert Mandrou. Ils ont été réunis dans cet important volume de la collection « Bouquins ». Une intelligente préface de Bertrand Müller donne le cadre et les enjeux de ce qui apparut finalement comme une révolution historiographique.

Baptiste Eychart

Vivre l’histoire,
de Lucien Febvre. Éditions Robert Laffont,
1 152 pages, 30 euros.

 

N° 60 – Juin 2009


 


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